La Panton Chair


La Panton Chair

Pièce emblématique du maitre danois et produit phare de son éditeur, la Panton Chair porte le nom de son créateur et fait office de parangon du design moderniste.

Mais qu’est-ce qui fait de cette simple chaise en plastique une icône ?

Une belle chaise

Dès le début des années 1950, Verner Panton s’intéresse au plastique qui permet de créer des objets empilables afin d’en faciliter l’acheminement. Le moulage permet, de surcroit, une liberté et une précision formelles que les matériaux traditionnels n’autorisent pas.

Lorsque la chaise est diffusée en 1967, le plastique est moderne et prometteur. Il offre des finitions impeccables, des courbes parfaites, des couleurs éclatantes et réclame un entretien réduit. Sa réputation est alors excellente.

Une chaise novatrice

Pour empiler sa chaise, Panton la dessine en porte-à-faux.

Bien que cette contrainte ait déjà été surmontée par Gerrit Rietveld (chaise ZigZag), Mies van der Rohe (chaise MR) ou Marcel Breuer (Cesca B64) et que Panton lui-même avait apporté sa contribution avec sa chaise 276 S (pour Thonet), les matériaux utilisés étaient toujours traditionnels.

Or, en 1967, la Chaise Panton est la première assise en résine moulée d’une seule pièce. Évènement qui fait date dans l’histoire du design.



  Panton chair : série 1 et série 3

Évolution entre la série 1 et la série 3


Une chaise chère

Ce qui est rare est cher. La Chaise Panton est courante et chère.

Il y a La Chaise Panton (série 1, série 2, série 3 ou Classique) et il y a toutes les autres : entrée de gamme rééditée par Vitra et toute une flopée de copies, de chaises d’inspiration et de fausses plus ou moins heureuses.

Bien que sa vocation fût, originellement, d’être accessible au plus grand nombre, la Chaise Panton a dû subir de nombreuses améliorations pour être à la hauteur de ses ambitions.

La série I (1967) est moulée dans une résine de polyester renforcée par de la fibre de verre. Mais elle est trop fragile.

La série II (1968) adopte une mousse de polyuréthane qui implique un laquage manuel. Son cout de fabrication est trop élevé.

La série III (1971), solidifiée par quelques renforts dissimulés sous l’assise, est réalisée en Luran S de Bayer AG ce qui permet enfin de produire une chaise à un cout raisonnable. En 1973, elle est vendue 300 francs (ce qui correspond très approximativement à 285 euros de 2016).

Mais la crise pétrolière la rend, de nouveau, onéreuse. L’avènement du libre-service aggrave l’amplitude tarifaire avec la concurrence. Et les années 1980 annoncent un gout prononcé pour le design anguleux aux couleurs fluo.

La production de la chaise est interrompue en 1979.

En 1983, Horn/WK Group réédite la série II et Vitra la reprend en 1990.

Une chaise rééditée

En 1998, l'icône du designer scandinave est revue (peut-être avec son aide) et Vitra édite, en 1999, une version en polypropylène. Appelée Standard, la série 4 est beaucoup moins onéreuse que l’originale – qui est alors rebaptisée Panton Classic.

La Série 4 est donc bien une chaise conforme au dessin de Verner Panton, en plastique mat (malheureusement granuleux), déclinable en moult couleurs, solide et – c’est un point important – cinq fois moins cher que la Classic.

Panton trouverait sans doute que la série 4 – belle, malgré sa résine moins flatteuse – était la chaise qu’il avait pensée dans les années 1960. Une chaise conforme à son dessin et à un prix abordable.

Malheureusement, elle ne sortit qu’après sa mort.

Et il a fallu le renfort de la Classique – qui asseyait ses lettres de noblesse au moule – pour que la Standard ait droit de cité parmi les rééditions.

Du coup, si la vraie Panton est la Classique, elle ne remplit pas son contrat tarifaire et si c’est la Standard, elle arrive trop tard pour se targuer d’un quelconque modernisme.

Le mieux étant, naturellement, de dégoter un authentique exemplaire d'époque.

Série 1,
Série 3
et 
Panton Junior